20.08.2009
Crows Zero
Amateurs de baston, bienvenue dans l'univers de Miike. Particularité : le lycée le plus violent du pays. Objectif : obtenir le controle total de l'école. Règles : aucune. Accrochez vos ceintures, mettez vos protections et prenez garde aux éclaboussures de sang, vous entrez sur le territoire des crows.
Synopsis
Suzuran, un lycée dédié à l'echec scolaire, une pouponnière à yakuza où les étudiants privilégient la violence à toute autre activité. Les nouveaux élèves découvrent cet univers où seuls les plus forts survivent. Les combats font rage au sein chaque classe pour determiner le "chef de classe" qui à son tour peut défier d'autres chefs afin de prendre possession de leur classe. Au fur et à mesure de ces agglomérations se forment des bandes rivales s'affrontant jusqu'à ce qu'un seul élève prenne le contrôle total de l'école.
Genji Takuya, fils d'un chef de clan yakuza, entre à Suzuran afin de devenir le premier à accomplir cet exploit. Il devra se faire une réputation et accumuler les victoires pour défier Serizawa, le meilleur combattant du lycée à la tête d'une véritable armée. Qui de Genji ou Serizawa sera le champion de l'école ? La bataille promet d'être sanglante.
Portraits
Le réalisateur Takashi Miike, responsable entre autre de la trilogie Dead or Alive et de l'adaptation du manga Ichi the killer, nous livre ici un produit brut. Il sait ce qu'il veut faire et ne s'embarrase pas de détails. Il serait cependant érroné de penser que son film n'est axé que sur la baston. Certes, elle y tiend la place centrale mais sur 2h20 de film, impossible de faire l'impasse sur un scénario et des personnages plus complexes. L'histoire personnelle et le passé commun de certains protagonistes restitue une trame où famille, honneur, amour et amitié s'entremèlent sans jamais vraiment pouvoir se developper.
On va donc retrouver des personnages comme le solitaire mysterieux que personne n'ose combattre, le guerrier valeureux à l'honneur inébranable mais incapable de parler à une fille, le chef yakuza au dehors impitoyable mais au coeur tendre, la fille qui ne paye pas de mine sauf quand elle monte sur scène et se révèle une vraie star de RnB, j'en passe et des meilleures. Bien entendu, tout ce petit monde gravite autour des personnages centraux : Genji et Serizawa interprétés respectivement par Shun Oguri et Tayakushi Yamada.
Serizawa est issu de la rue, un "pauvre" comme il le dit lui-même, mais aussi un dur de dur. Très résistant au mal, il a construit sa réputation avec ses poings et a conquis une bonne moitié de l'école. Et pas la moindre.
Genji est le fils du chef d'un des plus puissant clan yakuza. Méprisé par son père qui lui refuse la succession à la tête du clan, il veut se prouver sa valeur en etant le premier à conquérir Suzuran. Habité par une rage hors du commun, c'est une vraie tête brûlée qui saute sur chaque occasion de se battre.
Irréfléchis et violents ? Oui ! Egoïstes ? Non ! Les deux rivaux partagent plusieurs choses. Ils combattent pour eux mais aussi pour protéger leurs proches et ont d'ailleurs un ami en commun : Tokio, l'ami d'enfance de Genji qui est devenu le premier lieutenant de Serizawa. Atteint d'une tumeur cérébrale, il va devoir subir une opération dont les chances de réussite sont infimes. Cette nouvelle complication va-t-elle rapprocher les deux titans ?
Analyse
On retrouve dans Crows zero des thèmes abordés par exemple dans Battle royale de Kitano, il semblerait que la jeunesse japonaise hors de contrôle soit une vraie source d'angoisse pour la population. Le moteur de l'intrigue est puissant, basé sur l'opposition entre l'envie d'accomplir ses rêves et l'obligation d'obéir aux codes établis. Comme ce yakuza devenu ami avec un lycéen mais qui reçoit l'ordre de l'éliminer. Comme Genji, amoureux d'une fille mais qui doit préserver sa réputation de gros dur. Pour tous ces marginaux, la vie est une succession de choix cruels entre leurs désirs et leur volonté de survivre. On a l'occasion de voir certains basculer d'un coté ou de l'autre et d'observer les conséquences de leur choix.
Les affrontements sont intéressants non seulement parce qu'ils sont spectaculaires mais aussi très tactiques. En effet, si un élève perd il doit se soumettre avec ses hommes au vainqueur, ce qui exclut un combat d'entrée de jeu entre les plus forts. Chacun place ses pions petit à petit en vue d'un affrontement final lorsque deux élèves ont chacun conquis une moitié de l'école (environ 20 minutes de baston entre 2 groupes de plus de cent personnes à la fin). Niveau combat, on en a pour son argent. Ca balance de la patate à tout va ! Ne vous attendez pas à des rencontres d'arts martiaux dans les règles car bien que les armes soient exclues, le mobilier de l'école prend cher et le traversage de fenêtre est monnaie courante. Les décors ont été particulièrement soignés, que ce soit les salles de classe où les repaires des gangs recouverts de tags en tout genre. Coté bande son, c'est tout bon aussi. Le code audio est on ne peut plus simple : dès qu'on entend la gratte éléctrique, on sait que ca va chier. Les bandes se réunissant plusieurs fois en boîte, on a droit à deux performances live du groupe The street beasts : I wanna change et Eternal Rock n Roll.
La suite
La recette de Miike semble efficace puisqu'une suite est déjà sortie au Japon. Mais maintenant que Suzuran est unifié que pourrait-il bien se passer ? Et bien il se trouve qu'une vieille guerre couve avec un autre lycée. Et qu'un incident malencontreux fait revenir cette rivalité à l'ordre du jour. Cette fois, c'est la ville qui sera le lieu d'affrontement entre les lycées de Suzuran et de Housen ...
Le réalisateur reprend l'histoire où elle s'est arretée et fait évoluer ses personnages. Il a choisi de consacrer moins de temps à la bagarre pure et dure pour se concentrer sur les relations entre les personnages. Nos héros vont devoir évoluer et d'adolescents, nous les verrons devenir des hommes. Le processus etant symbolisé par la mort du père de Genji qui devra apprendre à contrôler sa rage et choisir les causes pour lesquelles il se bat. Je ne donne pas cher de la bande d'Housen, pourtant sacrément impressionnante.
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19.08.2009
Le parkour au cinéma
Force est de constater que les traceurs ont colonisé le petit comme le grand écran. Depuis Yamakasi jusqu'à Banlieue 13 en passant par Casino royale, il faut croire que les courses-poursuite à pied ont remplacé celles en voiture. Je vous propose de faire un tour d'horizon de ce phénomène.

A l'origine, la première apparition de freerunners au cinéma nous montre la team Yamakasi. Dans le film, les yamakasi interprètent 7 jeunes de cité charismatiques -chacun d'entre eux se spécialisant dans la course, le lancer, l'escalade, etc- tous redoutablement agile et pratiquant l'escalade sur mobilier urbain. Passons sur le scénario qui n'est pas le point fort de ces films destinés à mettre en scène ces athlètes d'un nouveau genre mais notons que, le marché etant tout neuf à ce moment-là, les aventures des yamak' remportent un franc succès. A tel point que nos sympathiques banlieusards récidivent quelques années plus tard avec Les fils du vent. Une redite encore plus édulcorée, encore plus exotique avec des cascades encore plus impressionantes dont certaines réalisées avec de bons vieux trucage, enfin du vrai cinéma quoi. Curieusement, le succès n'était pas au rendez-vous ...
Autre monument du Parkour sur grand écran : Banlieue 13. Sorti aprés Yamakasi, B13 met en scène David Belle, le fondateur du Parkour lui-même, et Cyril Raffaelli, un gymnaste, combattant et cascadeur de talent. Besson réussi l'exploit de construire une intrique plus simpliste que jamais, la cible du film étant les 15-18 ans, tous les clichés sur les jeunes de banlieue y sont poussés à l'extrême. L'ensemble ne brille vraiment pas par son intelligence mais les démonstrations de Parkour sont omniprésentes et donnent tout l'interêt au film. B13 a lui aussi eu droit à sa suite : Banlieue 13 ultimatum, où tout va encore plus mal pour ces pauvres banlieues mais ça tombe bien car nos 2 compères sont devenus encore plus forts dans la maitrise de leur art.
Bref, les traceurs sont du pain béni pour les réalisateurs qui peuvent ainsi rendre une scène de poursuite visuellement plus interessante. Plus spécialisés que les cascadeurs, il est devenu monnaie courante d'employer ces pratiquants par exemple comme hommes de mains poursuivant le héros pour lui faire passer un sale quart d'heure. On les retrouve ainsi dans plusieurs productions comme Les rivières pourpres, Casino royale, Die Hard 4, L'incroyable Hulk ou autre Babylon A.D. On notera une utilisation amusante du Parkour par Zohan, le surhomme de Rien que pour vos cheveux, ainsi que dans Par effraction même si l'on doit déplorer une énième utilisation du Parkour à des fins illégales.
L'exploitation de l'energie symbolisée par le freerunning ne semble plus connaitre de limite puisqu'on la retrouve aujourd'hui sur petit écran dans de nombreuses publicités mais aussi dans les séries comme Chuck ou les clips vidéos comme celui de The egg. La chanteuse Madonna en a inclu sur scène lors de sa tournée Confessions. Il semblerait bien que ce mouvement soit promis à un bel avenir dans l'industrie du divertissement à défaut de percer dans les circuits sportifs traditionnels.
Quelques vidéos :
16:18 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) |
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18.08.2009
Le Parkour
Le Parkour, qu'est ce que c'est ?
On peut lire beaucoup de chose sur la toile à ce sujet, la plupart des documents traitant de ce sujet etant des vidéos de traceurs amateurs montrant leurs exploits, faisons le point sur cette discipline sportive.
Histoire
Résumé rapide d'une histoire qui s'articule autour de 3 grands noms : Raymond Belle, né au vietnam reçoit un entrainement militaire français. A la fin de la guerre d'Indochine, il est rapatrié en France où il intègre la brigade des sapeurs pompiers. Doté d'une agilité et une résistance physique hors du commun, il est le champion de son régiment et le premier pompier à effectuer un sauvetage par hélicoptère. Sa forme physique, il la tient de son entrainement à la méthode naturelle de Georges Hebert, ou hebertisme. Cette méthode basée sur des gestes naturels et utilitaires permet un développement équilibré du corps et l'acquisition d'une grande resistance. Les exercices sont classés en dix groupes : la marche, la course, le saut, le grimper, le lever, la quadrupédie, le lancer, l'équilibre, la défense et la natation. David Belle grandit avec ces modèles et développe une vision du sport qui lui est propre. Après en avoir travaillé les mouvements pendant plusieurs années, il créé le Parkour : "un sport utilitaire qui permet de découvrir le monde de l'effort et de l'altruisme".
Définition
David nous explique qu'à la base le Parkour c'est "un homme qui court et que rien n'arrete", la définition académique étant "se déplacer avec efficacité, rapidité et fluidité". Mais tout ceci n'illustre pas l'aspect philosophique du Parkour. A mon sens, le parkour c'est "une pratique d'accomplissement physique, mental et moral". Car effectivement, une bonne condition physique est necessaire pour ainsi courir, sauter et se jouer de tous les obstacles rencontrés en chemin, mais il ne s'agit pas d'un athlétisme amélioré. On ne pratique pas dans un univers maitrisé et normalisé mais dans le milieu naturel de l'homme, qu'il soit urbain ou rural. Il y a une composante psychologique au franchissement d'obstacles aléatoires et l'entrainement est aussi bien mental que physique lorsqu'il s'agit de surmonter ses blocages et ses appréhensions. Enfin, la morale du pratiquant est aussi mise à contribution car cette force obtenue par l'effort doit être mise au service de ceux qui en ont besoin comme le rappelle la devise "Etre fort pour etre utile".
Risque zéro
Ce sport est souvent confondu avec la cascade et ses pratiquants considérés comme des casse-cou, pourtant rien n'est plus faux et celui qui se blesse s'éloigne des valeurs fondamentales. Comme nous l'avons vu plus haut, le Parkour implique d'adhérer à une certaine philosophie prônant la perséverance et l'entre-aide. La même discipline s'applique à l'entrainement qui doit être régulier et surtout progressif. Dans l'entrainement serieux, rien n'est laissé au hasard et on ne prend jamais le moindre risque. Oui, il est possible de sauter de 5 mètres de haut sans se blesser ... mais après de longues années d'entrainement, le corps doit être prêt à faire face à ce genre de choc par la répétition de milliers de sauts de moindre hauteur. Pour citer David, qui a le don des phrases-choc : "Il s'agit de se construire et non de se détruire", "A quoi bon vouloir se sentir libre, si c'est pour finir dans une chaise roulante".
Tracer, c'est trouver des chemins nouveaux, développer une vision personnelle de son environnement, s'habituer à rencontrer des obstacles qu'on ne sait pas franchir et s'entrainer pour les surmonter. Cet etat d'esprit conquérant est la récompense du traceur, un homme accompli et autonome dans ses actes et ses pensées.
Liens
Page wikipedia sur le Parkour (FR)
Un reportage sur le Parkour en Israël, tout est dit et bien dit
15:20 Publié dans Parkour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) |
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